Ma lecture favorite de 2025.
- akouaby
- 31 janv.
- 4 min de lecture

Bonjour à tous,
Pour clore définitivement le chapitre 2025, aujourd’hui, je souhaite vous parler de ma dernière lecture de l’année: The High Dive**, de Chelsea Fagan.
J’ai découvert l’auteur à travers son blog dédié à l’éducation financière des femmes, auquel je suis abonnée depuis des années. Cependant, c’est dans une newsletter sur la culture populaire que j’ai appris qu’elle écrivait des œuvres de fiction.
La lecture du résumé m’a immédiatement attirée. On a :
⁃ un groupe d’amis en vacances sur un yacht à travers la méditerranée
⁃ des discussions sur la classe sociale et le rapport à l’argent
⁃ une histoire d’amour
⁃ des rancoeurs du passé…
Bref, un cocktail prometteur qui ne m’a pas déçue !
« The High Dive » nous amène dans l’univers de Alexandra Onassis, responsable de la communication digitale au sein d’un parti politique progressiste.
Durant ses années universitaires, elle fréquente un groupe d’amis qui sont pour la plupart issus de familles aisées, tandis qu’elle, est plutôt d’origine modeste.
Dix ans après leur remise de diplôme, Paul, celui dont elle était le plus proche, invite tout le groupe à un voyage en bateau à l’occasion de la célébration de son mariage à Chypre.
Toutefois, Alexandra appréhende ces retrouvailles, et cela, pour deux raisons principales.
La première, (et c’est sûrement la plus importante), c’est qu’elle y reverra Danial Azad. Appartenant au même groupe d’amis, leurs chemins se sont séparés à la suite d’un fâcheux incident survenu au cours de leur soirée de remise de diplôme.
La deuxième raison, c’est qu’Alexandra a toujours ressenti un certain malaise en leur présence: comme un sentiment de ne pas être à sa place, au vu de leurs styles de vie totalement différents.
Le décor est ainsi planté. Comment Alexandra va t-elle réussir à naviguer dans ces eaux troubles ?
J’ai beaucoup apprécié ce livre, pour la façon dont l’auteur a réussi à aborder des thématiques pertinentes, tout en plaçant le lecteur dans un cadre d’évasion.
Surtout, je trouve qu’elle est brillamment parvenue à mettre au jour des dynamiques que l’on peut parfois retrouver dans nos relations.
A ce propos, il y a deux points que j’ai trouvés particulièrement intéressants, et que je souhaite vous partager.
Comme Alexandra, il peut arriver que nous nous confortions dans l’image positive que nous avons de nous-mêmes, du fait du rôle que nous occupons dans la société.
En effet, nous pouvons tirer une immense satisfaction de notre travail, des actions que nous posons et des efforts que nous faisons, qui nous renvoient l’impression que nous sommes de "bonnes" personnes.
Dans ce cas, on sentait très clairement qu’Alexandra était fière d’exercer un métier qui « a du sens ». Elle agit pour une « bonne » cause, dédie son temps et son énergie à un engagement politique en faveur de l’équité et de la justice sociale.
Ce sont bien évidemment des choses belles et nobles, mais il est important de faire attention à ne pas en tirer une fierté qui pourrait frôler l’orgueil.
Et ça, je pense que c’était le plus gros défaut de notre personnage principal, ce qui la rendait vraiment irritante à certains moments.
Ensuite, il y a la question du rapport à l’argent.
Le livre nous montre clairement comment les différences de niveaux de vie et de moyens peuvent impacter nos relations.
Alexandra était la seule, avec Danial, parmi leur groupe d’amis, à provenir de familles de la classe moyenne. Elle semblait être en permanence sur ses gardes, dans l’attente d’un commentaire désobligeant, dont elle aurait à se défendre.

Ce passage illustre parfaitement l'insécurité d'Alex.
Pour autant, je pense qu’il serait simpliste d’affirmer qu’elle était jalouse d’eux parce qu’ils pouvaient s’offrir des articles de luxe et des voyages à l’autre bout du monde.
Ce que ressentait Alexandra s’apparentait beaucoup plus à une sorte de ressentiment vis-à-vis d’une autre forme de luxe : le privilège de l’insouciance, de l’ignorance de certaines réalités telles que les difficultés d’accès aux soins médicaux, à l’éducation, etc…toutes des situations qu’ils ont jamais eu à traverser.
Ainsi, elle se plaçait sur un piédestal imaginaire, convaincue qu’elle était de sa supériorité morale sur eux. Pour cela, je trouve qu’elle manquait de recul. Elle semblait incapable de voir les choses telles qu’elles étaient, et de distinguer ce qui est en son pouvoir de changer, de ce qui ne l’est pas.
Et c’est justement ce qui m’a plu dans ce livre.
Les réflexions qu’il m’a amenée à avoir sur le niveau d’équilibre que l’on devrait cultiver vis-à-vis de causes qui nous tiennent à cœur.
Quel est le niveau de distance saine que l’on doit tenir avec tout ces sujets et causes sociales qui nous passionnent ?
En quoi est-ce que nous plaçons notre espoir? Sur notre capacité à changer les choses et les gens de manière positive? Est-ce que ça sera assez? Peut-on en tirer un sentiment d’accomplissement durable ?
Au final, je suis fière d’Alexandra pour avoir accepté le challenge de l’inconfort, en faisant ce grand saut dans l’inconnu. Et d’avoir réalisé que de l’autre côté, il y a la liberté.
** "High dive" peut être traduit par « plongeon de haut vol ». C’est une pratique sportive qui consiste à sauter du haut d’une plate-forme de plus de 20 mètres de hauteur.




👌🏾
J’ai beaucoup aimé ton article, autant sur le fond que sur la manière dont tu l’as construit!
Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est la façon dont tu mets en lumière les zones d’inconfort du personnage principal, sans chercher ni à les excuser ni à les condamner. Ta lecture d’Alexandra est très fine : tu montres bien comment l’engagement, aussi noble soit-il, peut devenir une source de rigidité morale, voire d’aveuglement, lorsqu’il sert trop à se rassurer sur sa propre valeur.
Ce que j’ai trouvé particulièrement fort, c’est que ton texte ne se contente pas d’analyser le personnage d’Alexandra : il invite aussi, presque malgré nous, à une véritable introspection. En te lisant, je me suis interrogée sur nos propres rigidités…
Très belle lecture, vraiment.
J’ai aimé la façon dont tu parles de cette frontière floue entre engagement sincère et supériorité morale - c’est inconfortable, mais tellement juste. La réflexion sur l’argent et surtout sur le privilège de l’insouciance m’a beaucoup parlé : ce n’est pas le luxe en soi, mais l’écart d’expérience du réel qui crée la tension.
Et ta question sur la distance saine à garder avec les causes qui nous animent est essentielle. On peut vouloir changer le monde sans s’y perdre.
Merci pour ce partage, ça donne envie de lire le livre… et de se regarder honnêtement aussi.